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Publié le : Jeudi 26 Octobre 2017 - 10:55 - Commentaires : 0 - Consulté : 409 Imprimer
Les enjeux de la présidentielle de 2019, associés aux remous et frustrations notés dans la quasi-totalité des partis alliés n’épargneront pas la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakaar à l’approche de la prochaine échéance. L’analyste politique, Momar, reste persuadé que ladite coalition n’en sortira pas indemne et qu’une reconfiguration prochaine de Bby est à envisager. En procédant, dans cet entretien accordé à Sud quotidien, à l’analyse sans complaisance des 5 années de compagnonnage dans Bby, le Directeur de publication du magazine Vision Mag fait ressortir les tares congénitales dans Bby qui impacteraient son fonctionnement, ainsi que les conséquences négatives de cette alliance pour les alliés de l’Alliance pour la République (Apr) qui, selon lui, se massifie et renforce son hégémonie au détriment des partis alliés.
Après plus de 5 années de compagnonnage dans Benno Bokk Yaakaar (Bby), quelles sont selon vous les tares congénitales qui impactent négativement sur le fonctionnement de la coalition présidentielle ?
Les tares congénitales qui impactent le fonctionnement de la coalition Benno Bokk Yaakaar sont au nombre de 3. Premièrement, la coalition Bby n’est pas une majorité d’idées. Elle n’a pas été créée sur la base d’un programme commun de gouvernement. Elle a été créée dans l’entre deux tours de la présidentielle de 2012 pour créer un rapport de force qui soit favorable à l’opposition face au régime de Me Abdoulaye Wade. C’est plutôt une majorité de partage de responsabilité, dans le cadre de ce qu’ils appellent «gagner ensemble et gouverner ensemble.
La deuxième tare congénitale, c’est que Bby a le défaut du principal parti qui lui sert de locomotive, à savoir l’Apr. A l’image de l’Apr, Bby n’est pas structurée à la base. C’est plutôt une coalition de leaders. C’est le président Macky Sall et les leaders alliés qui se retrouvent et qui prennent les décisions au sein de Benno. Mais, au niveau de la base, il n’y a pas une structuration. Parce que tout simplement, Bby présente les défauts du principal parti qui est l’Apr et qui n’est pas non plus structuré à la base.
Maintenant, la troisième tare congénitale qui explique pourquoi son fonctionnement est défaillant, c’est que Bby est une coalition de coalitions. Elle renferme en son sein Macky 2012, Benno Ak Tanor, et Benno Siggil Senegaal, etc. Donc, il se pose un problème d’homogénéité. C’est pour cette raison d’ailleurs, qu’il y a eu à plusieurs reprises des remous au sein de la coalition, en provenance notamment des alliés de la première heure regroupés au sein de Macky 2012 et qui considèrent qu’ils ne bénéficient pas du même traitement que ceux qui sont venus après eux, en l’occurrence Benno Siggil Senegaal et Benno Ak Tanor. Donc, voila les 3 tares congénitales qui impactent négativement sur le fonctionnement de Bby.


A côté de ces limites, ne faudrait-il pas reconnaitre quand même que le président Macky Sall a réussi la prouesse de maintenir sa coalition plus de 5 ans ?


Il faut reconnaitre que malgré ses limites, Bby a la particularité d‘avoir une longévité extraordinaire. Parce que si on la compare à la coalition Fal 2000, qui était de la même dimension quasiment et qui avait soutenu Abdoulaye Wade, cette coalition n’a pas longtemps tenu. Au bout de 3 mois, Amath Dansokho en était viré. Ensuite, au bout de 11 mois, Moustapha Niasse en était viré. Finalement, c’est une coalition qui n’a pas duré et qui a été remplacée par la Cap 21. Donc, comparativement à Fal 2000, il faut quand même reconnaitre que malgré les limites que je viens d’indiquer, Bby fait preuve d’une longévité assez extraordinaire. Mais, ceci n’a pas empêché que des franges soient parties de Bby. C’est lié tout simplement à des questions de frustration. Il y a ce qu’on appelle les 5 majeurs de Bby, constitués de l’Apr, de l’Afp, du Ps, de la Ld et du Pit. Ce sont ces 5 principaux leaders qui décident de tout dans Bby. Le résultat c’est quoi ? C’est que tous les autres leaders qui étaient avec eux, à un certain moment, ont senti une frustration. C’est pour cette raison que des gens comme Cheikh Bamba Dieye, Cheikh Tidiane Gadio, Ibrahima Fall, Amsatou Sow Sidibé, sont partis. Il y a énormément de partis qui sont partis de Bby parce qu’ils estiment qu’en matière de considération et de traitement, ils sont moins écoutés, moins consultés, moins considérés, que les autres partis constituant les 5 majeurs. Voilà pourquoi il y a eu cette saignée dans Bby.

Par rapport à cette saignée, quand on sait que ces derniers se positionnent le plus souvent dans l’opposition, peut-on parler de prouesse de Macky Sall ?

Là où on peut parler de prouesses de Macky Sall, président de Bby, c’est que non seulement il a réussi à garder, malgré cette saignée, en vie Bby. La deuxième chose, lui il a un parti qui se massifie au détriment des partis alliés. Il n’y a que l’Apr qui tire profit de Bby. Un parti qui a été crée en décembre 2008, se retrouve être la locomotive d’une coalition qui renferme de vieux partis. Et le président Macky Sall n’a pas hésité à encourager la transhumance, y compris même de militants de partis alliés. En renforçant l’Apr, d’abord au niveau de sa massification, en assoyant aussi l’hégémonie de l’Apr dans ce qu’ils appellent le partage de responsabilités. Là, on peut donner beaucoup d’exemples, principalement 2. Si vous prenez cette législature, le nombre de députés de l’Apr a été considérablement en hausse. Après les investitures auxquelles a procédé le président Macky Sall, aujourd’hui si ça lui plaisait, il peut même se passer de ses alliés à l’Assemblée et ça ne l’empêcherait pas d’avoir une majorité qualifiée. Parce que l’Apr a énormément de députés sur les 125 que compte Bby. Il en est de même dans le gouvernement. Il n’y a aucun allié qui a été renforcé dans le gouvernement. Le Ps qui espérait avoir 4 postes ministériels, n’a pu que conserver ses 2 postes. La Ld en a conservé 1, tout comme l’Afp et le Pit. Donc, il y a un renforcement de l’Apr aussi bien au niveau de la massification à la base qu’au niveau institutionnel dans ce qu’ils appellent le partage de responsabilités. C’est pour cette raison qu’on sent qu’il y a des remous dans les partis membres. Parce qu’il y a des franges quand même de ces partis membres alliés de Macky Sall qui considèrent qu’ils sont dans un jeu de dupes où Macky prend tout pour lui et leur laisse la portion congrue, où Macky renforce son parti au détriment de leur parti à eux. Il y a l’Afp qui a déjà connu une scission, le Pit, l’Urd sont des partis presque fantomatiques. On ne les sent presque même pas. Le Ps est traversé par des remous qui vont conduire à une scission, à une rupture entre le camp de Tanor et de Khalifa et la Ld est gagnée par la même menace. Donc, vous voyez qu’il y a un parti et un leader qui gagne dans cette alliance, c’est le président Macky Sall et l’Apr.


Au regard de leur implication dans la gestion du pays, ces partis alliés peuvent-ils espérer engranger beaucoup de voix s’ils décidaient de rompre maintenant les amarres avec la coalition présidentielle ?


Non. Macky a dit une fois qu’il va réduire l’opposition à sa plus simple expression. C’est exactement la même chose avec ses alliés. Il les réduit à leur plus simple expression. Ces partis ne peuvent pas engranger des dividendes électoraux pour 2 raisons. La première chose, c’est que ce sont des partis qui s’affaiblissent dans leur alliance avec Macky Sall. Parce qu’il y a des militants, des responsables de ces partis, qui ne partagent pas la même vision que leur leader. Ce sont des partis qui vont se couper, parfois, d’une frange importante de ses responsables et militants. Ensuite, c’est des partis qui ont partagé la gouvernance du président Macky Sall. S’ils décidaient de rompre maintenant, l’opinion ne comprendrait pas le discours qu’ils pourraient tenir. Parce qu’ils sont comptables du bilan de Macky Sall. Comment peuvent-ils rompre maintenant, pour s’opposer efficacement à Macky Sall, pour arriver à articuler un discours qui condamne le bilan de Macky Sall et où ils se proposent à l’alternative ? Ce n’est pas possible. On a vu le même scénario sous Abdoulaye Wade en 2007. Quand des partis alliés se sont retrouvés dans l’opposition, il y avait Moustapha Niasse avec l’Afp. Il y a eu aussi le cas de Landing Savané qui après avoir partagé la gestion de Wade disait qu’on pouvait être avec des hommes qui avaient des mains sales et avoir soi-même des mains propres. Le discours était incompréhensible de la part de l’opinion et ils ont été sanctionnés. Wade a gagné dès le premier tour. Pour ces deux raisons, ces partis-là ne tireront aucun dividende électoral de leur alliance avec Macky Sall. Un, ils s’affaiblissent à l’intérieur, parce qu’il y a des pans entiers de leur parti qui ne sont pas d’accord dans la démarche qu’ils sont en train de faire. La deuxième chose, ils auront du mal à articuler un discours qui soit convaincant pour se positionner en alternative à Macky Sall après avoir partagé sa gouvernance.


En fin de compte, pensez-vous que la coalition Benno Bokk Yaakaar pourra maintenir sa cohésion jusqu’à l’élection présidentielle de 2019 ?


Il faut reconnaitre que cette coalition ne peut pas sortir indemne des enjeux liés à la présidentielle de 2019. Qu’est-ce qui me le faire dire ? Il est clair que la coalition ne va pas rester telle qu’elle d’ici 2019, pour des raisons bien simples. La situation au Ps sera difficilement tranchée et il y aura une partie qui sera avec Macky Sall et il y aura clairement une autre qui ne sera pas avec lui. Pour la Ld, on va assister quasiment au même scénario. Il y a une frange de la Ld qui ne se retrouvera pas derrière une candidature de Macky Sall. Il y a même des alliés de Macky 2012 qui, une fois à l’approche de la présidentielle, vu qu’ils ont toujours estimé ne pas avoir été traité proportionnellement à l’apport à la victoire de Macky Sall en 2012, il peut y avoir même de la reconfiguration au sein de Macky 2012. Là, je n’exclus pas qu’une certaine frange de Macky 2012, pour n’avoir pas été satisfaite du traitement que Macky Sall leur a réservé, puisse se retrouver autour d’un autre candidat que Macky Sall. Donc, Macky Sall, même s’il a réussi la prouesse de garder jusque-là en vie Benno Bokk Yaakaar, malgré certaines défections, pourrait voir certaines franges de cette coalition se retrouver autour d’autres candidatures que la sienne. C’est pour cette raison que je pense qu’il y aura une reconfiguration qui se fera au sein de Bby à l’approche de la présidentielle 2019 et quand le jeu politique sera beaucoup plus lisible. Il y a quelqu’un comme Thierno Alassane Sall qui va lancer un mouvement et qui va sans doute se positionner comme candidat à la présidentielle de 2019. Est-ce que certains partis membres de Bby ne pourraient pas se retrouver dans son combat ? C’est une hypothèse parmi tant d’autres.

Sud quotidien
 
 
 
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