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Covid19: Réflexions d’une confinée qui affronte la mort autrement
Publié le : Jeudi 9 Avril 2020 - 22:22 - Source : sunugalinfos - Commentaires : 0 - Consulté : 170 Imprimer
La mort dans l’âme, l’humanité s’est résignée, bien malgré elle à se replier, face à cet inconnu qui s’est auto-investi pour l’année 2020, en tout cas pour ce qu’on en sache, nouveau maître du monde et a fini de dicter sa loi aux cinq coins du globe. L’effronté étranger, jusque-là réduit à sa plus petite existence, s’est imposé à notre quotidien avec un cynisme et une indifférence déconcertantes qui en a fait rire les plus forts, sans doute grisés par un besoin primitif de somatiser la peur de l’impuissance face à cet « infiniment petit » qui a déjoué tous les pronostics et s’est décidé à se jouer de nos vies.

Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu pour mériter la plaie de la Sras-covidie ?
A la vitesse de l’éclair l’hôte encombrant, vêtu du voile de la mort, semant la terreur sur son passage, a franchi les barrières jusque-là solides, on nous le disait, on y croyait depuis l’après-guerre car l’imprévu n’est plus de notre époque, quittant la liste rouge des gouvernements pour faire fi des clivages sociaux, culturels, religieux, idéologiques, des restrictions de voyage et autres interdits, des demandes d’autorisation de survol et d’atterrissage, pour s’imposer à toi, à moi, à l’autre, rendant l’idée de la mort jusque-là inattendue, comme une fatalité tragique à laquelle il faut désormais s’attendre en face, peu importe qui on est.
Mais l’urgence semble être ailleurs, l’homme reste l’homme toujours égoïstement centré sur lui-même, l’empathie n’est de mise que quand la misère touche les plus démunis qui le seraient encore plus n’eut été tant d’efforts de charité et de bienfaisance de ces sauveurs du monde. Ils se prévalent de leur supériorité moralisante, l’habitude est une seconde nature, comme protégés par les chars et les obus, une technologie de dernière génération et des stratégies à la Von Clausewitz et dénoncent l’impréparation des autres, leur précarité économique, alimentaire, sanitaire et même hygiénique, leur culture et leur mode de vie qui restent encore une menace pour le reste du monde civilisé.
Le procès pour négligence promet d’être long et les coupables silencieux ou consentants tous comptables de ce que sera le jour d’après.
En attendant, la mort frappe ailleurs plus qu’ici, les voies du Seigneur étant impénétrable ou la chance -pas la science?- étant pour une fois du côté des tropicaux indésirables où qu’ils soient, même chez eux, portant sur leur front l’étoile de la misère, des pratiques moyenâgeuses et une ribambelle d’autres maux dont l’humain d’ailleurs n’a que faire et les prie de rester chez eux. Cette invite n’a jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui. L’incurie endémique de l’homo-europaeus vis-à-vis de l’homo-africanus est, par moments, pire que la pandémie du coronavirus mais l’être humain apprend toujours difficilement des erreurs du passé.
Pour une fois, l’Abyssinien rie jaune, attendant stoïquement que la roue tourne, dans un sens comme dans un autre, comptant sur ses décoctions, ses exorcismes, ses psaumes et ses prières salvatrices, mais également sur les petits efforts personnels et collectifs sans lesquels la peur vaincra sur nos envies de vivre, de vaincre et de rester debout.
La solidarité tant chantée doit rester le maître mot, mais nous l’appliquerons avec intelligence, car elle n’est pas antinomique avec la distanciation sociale même s’il est vrai qu’on la découvre, en restant extrêmement prudent sur nos réunions familiales, nos déplacements, nos contacts et nos rassemblements, puisque l’hôte malveillant n’a pas fini de dévoiler toutes ses ruses. Il se glisse sournoisement dans nos mains et nos petites manifestations d’amour et d’affection pour nuire à ceux qu’on aiment, nos enfants, nos parents, grands-parents, nos amis à la santé fragile à qui il ne laissera que de faibles chances de survie.
Le petit postillon que j’ai du mal à freiner, en te parlant avec insouciance de mes soucis du quotidien qui sans doute peuvent attendre la fin du couvre-feu décrété par Covid et Corona, se glissera dans mon souffle, entre deux rires, pour se distiller dans ton organisme telle de la ricine et t’anéantir toi et tous que tu contacteras, en quelques touchers. Forts de nos petites urgences, on en était arrivé à oublier les précautions d’usage, ces petits gestes simples non, mesures barrières, qui loin d’être une prescription médicale, ne sont que le reflet de notre savoir-vivre, de notre bonne éducation et même de notre degré de civisme et de notre citoyenneté. Qu’est-ce qu’impliquent ces deux notions sinon notre devoir d’endosser la responsabilité publique au bénéfice de la collectivité.
Le temps voulait nous voler notre instinct de survie, mais, l’urgence sanitaire mondiale est une malheureuse piqure de rappel pour nous tous qui avons la mauvaise habitude d’imposer à la communauté, à longueur de saisons, nos poignées de mains sales, nos maladies bénignes ou sévères, par nos crises de toux, nos éternuements généreux et notre penchant à nous moucher comme des cracheurs de feu, sans aucune mesure d’hygiène et de protection, exposant au danger les plus vulnérables parmi nous. Aimer n’est pas encombrer, l’habitus est en passe de saborder notre commun vouloir de vie commune, il est peut-être temps de repenser notre société, sans tomber dans les travers de l’individualisme.

Face à l’ennemi, se protéger et protéger les autres, plus qu’un sacerdoce, doit être une profession de foi afin de ne pas saturer notre système de santé, à défaut nous y laisserons notre survie et celle du Peuple. J’ai pensé, confinée chez moi, la peur au ventre, à nos professionnels de santé, à nos forces de défense et de sécurité et à tous ces hauts responsables qui sont front, appuyés dans leurs efforts par les leaders politiques de tout bord et autres acteurs sociaux, communautaires et religieux qui font la fierté de la singularité de notre identité nationale.
Un plan de riposte ambitieux avec des mesures fortes a été annoncé afin de renforcer le filet de protection sociale des ménages les plus démunis et accompagner les secteurs économique, aérien, hôtelier, touristique, industriel ainsi que le secteur informel afin de contenir les effets subversifs du Covid19 sur la croissance économique.
Face à l’effort national de guerre qui a montré notre capacité de mobilisation et de résilience, moi citoyen on me demande la modique contribution physique de…. rester chez moi!!! Oui rester chez toi, sans contrainte, en auto-confinement, avec bien sûr des mesures d’accompagnement qui sont en train de se mettre en place, car il n’est pas question pour les plus hautes autorités de laisser en rade qui que ce soit. Mais il faut donner à la Nation notre tribut, afin de limiter la propagation du virus et les tendances de la transmission communautaire dont les conséquences humaines, sociales et économiques peuvent être désastreuses sur le long terme. A l’heure du bilan, viendra le moment de décliner, par un débat politique sain et consensuel, nos priorités quant à l’élaboration des politiques publiques, surtout en matière de santé, et bien sur en matière d’éducation, avant qu’un autre tsunami vienne nous rappeler cette autre urgence sociale, parce qu’une nouvelle page de notre histoire s’est ouverte et il n’est plus possible de faire comme avant.

En attendant le déconfinement psychologique, pour ceux qui comme moi ont toujours fait de la solitude une quête en soi et se retrouve bien malgré eux empêtrés dans les méandres d’un quotidien solitaire faite de crainte, de peur et d’angoisse, il faut rester uni, malgré tout, l’urgence du moment vaut plus que nos petites individualités.
Il est vrai que l’on meurt toujours de quelque chose, mais moi je voulais mourir d’autre chose que du coronavirus, en respectant, dans la mesure du possible, les recommandations des professionnels de santé, sauf si Dieu veut que Covid19 me traque jusque sous ma couette.
A vos masques, prêt, confinez-vous !!!

Madame Oumaïmatou DIAGNE.
Titulaire d’un DEA en Science Sociale
 
 
 
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